Malika Benarab-Attou
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Rédigé le 03 Octobre 2011 par Malika Benarab-Attou dans la rubrique : Délégation Euro-Med
" Mme La Commissaire,
Combien de temps, allons-nous encore demander indirectement aux Tunisiens de supporter les conséquences dramatiques de notre mauvaise gestion de l'aide aux réfugiés ?
La solidarité dont a fait preuve la société tunisienne est en train de s'épuiser. La situation sanitaire et la recrudescence des maladies dans les camps ne peuvent plus nous laisser indifférent.
Force est de constater que l'Union Européenne a failli sur plusieurs points :
Une politique migratoire inhumaine ;
Des mesures d'aide humanitaire honteuses face aux énormes besoins sur le terrain
Une solidarité européenne défaillante mettant à mal les fondements même de notre Europe ;
Quel regard porter sur nous-mêmes, en tant qu'européens défenseurs des droits de l'homme ? De quel soutien l'UE parle-t-elle lorsqu'elle s'adresse aux peuples qui ont fait leur révolution démocratique aujourd'hui ?
Nous avons les moyens d'aider ces réfugiés, mais sans volonté politique forte et concrète, la mer Méditerranée deviendra un cimetière. Est-il acceptable ? Pouvons-nous continuer ainsi ?
Il nous faut repenser la question des réfugiés et des migrations à partir d'une approche des droits de l'homme, prenant en compte les nouvelles situations politiques.
L'approche sécuritaire et le dépoussiérage de FRONTEX ne sont pas à la hauteur de nos enjeux et de nos valeurs.
Enfin, à court, moyen et long terme, l'aide financière de l'UE doit être destinée au renforcement des capacités de la société civile, la Tunisie en particulier, les pays du Sud plus globalement.
Enfin, pour terminer, j'aimerais insister sur le fait que les immigrés d'aujourd'hui sont des ressources et ne sont pas un fardeau. Moi même, ne suis-je pas un exemple ? Immigré hier, eurodéputée aujourd'hui.
Je vous remercie. "
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